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Trop dépendants des aliments d'ailleurs

Wednesday, August 29 2012

Avec la hausse des prix, des voix s‘élèvent pour encourager la production locale

David Caron
Acadie Nouvelle
Mercredi 29 août 2012

Caraquet – Avec la hausse constante du prix de la nourriture dans les supermarchés s’impose le besoin de songer à de nouvelles façons de se procurer des aliments sains à prix abordable. Pour certains au Nouveau-Brunswick, le meilleur moyen reste d’encourager la production et la consommation d’aliments locaux.

Plus tôt cette semaine, le Front commun pour la lustice sociale a révélé que le prix des aliments a bondi de 3,33 % entre juillet 2011 et 2012.

En entrevue avec I’Acadie Nouvelle, Roméo Cormier, directeur des affaires publiques chez Coop Atlantique a expliqué que les marchands n’avaient que très peu de contrôle sur les prix et qu’en réalité les consommateurs étaient à la merci d’un nombre de facteurs externes: la sécheresse, le prix du pétrole et des crises quelconques un peu partout.

Mathieu D’Astous est directeur général de La Récolte de Chez Nous, une coopérative composée d’une trentaine d’agriculteurs du sud-est du Nouveau-Brunswick qui ont pour but d’encourager le développement de I’agriculture durable dans cette région du pays. Le directeur général est d’avis que I’agriculture est un bon moyen de faire croître l‘économie locale de façon responsable.
‘’ On vit dans un système global. On mange des produits de la Californie, été comme hiver, et ça peut avoir des conséquences (sur les prix) à long terme. On dit même que la Californie est en train de s’assécher. On est encore dépendant des ressources d’ailleurs. Il va toujours y en avoir, mais je pense que plus on investit dans la production locale, plus on va être autosuffisant et résilient face aux défis de I’avenir. On contribue aussi à léconomie de la région et à l‘économie rurale du Nouveau-Brunswick. Il ne faut pas oublier que ce sont des micro-entreprises ces fermes là…affirme Mathieu D’Astous.

Jean-Eudes Chiasson, président de l’Union nationale des fermiers au Nouveau-Brunswick, de son côté, croit qu’une production locale faciliterait non seulement I’accès aux fruits et légumes à une plus grande part de Néo-Brunswickois, mais il s’agit aussi d’une façon d’améliorer l‘état de santé des citoyens de la province. Dans l’espace de quelques mois, on verrait une amélioration de la santé des gens. En ce sens, cette pensée ne semble même pas exister chez les hommes politiques. Ils pensent toujours à l’exportation, comme plus on exporte, plus on fait rentrer de capitaux, plus on a de capitaux, plus on a de I’argent pour se payer des soins de santé. Mais la santé, I’agriculture et I’alimentation, selon moi et beaucoup de gens dans le monde, c’est lié ‘’, avance Jean-Eudes Chiasson.

Les citoyens encouragés à jardiner

SAINT-ISIDORE – Sur une échelle plus pratique, depuis quelques années, certaines municipalités de la province encouragent leurs citoyens à s’adonner au jardinage et à la production de fruits et légumes locaux. C’est le cas de Saint-Isidore dans la Péninsule acadienne. En 2011, le Village a amenagé un jardin communautaire pour ses citoyens. ‘’ Les gens ont accroché. Souvent, les terrains ne sont pas assez grands ou rocheux, bref, pas bon pour les jardins. Pour les gens, d’avoir un petit coin de jardin ou ils peuvent faire pousser des légumes, cest merveilleux’‘, indique Chantal Beaulieu, chargée de projets de Saint-Isidore.

L’initiative semble porter ‘’ fruit ‘’ à Saint-Isidore. Sans pouvoir entrer trop dans les détails, Chantal Beaulieu explique que le développement du jardin communautaire pourrait bientôt mener à une entente avec un supermarché local. Elle ajoute cependant que I’agriculture est bien ancrée dans la culture du village. ‘’ Quand tu passes devant les maisons, on dirait que presque tout le monde a un jardin. On dirait que c’est quelque chose qui nest jamais parti, les gens aiment ça. Ça vient de loin, Saint Isidore est le patron des laboureurs’‘, dit-elle. – DC

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